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Piers Faccini & Vincent Segal

« Nous nous sommes croisés au détour d’une fête un peu ennuyeuse, se rappelle Vincent Segal. En voyant Piers, j’ai tout de suite pensé que ce mec-là avait l’air différent des autres. Nous avons vite parlé musique, en nous disant que nous pourrions en faire ensemble. Quelques minutes après, nous quittions la soirée pour aller jouer chez moi, à deux pas de là. »

L’anecdote en dit long sur une complicité qui, frappée d’emblée du sceau de l’évidence, ira jusqu’à les révéler à eux-mêmes. Piers Faccini, alors étudiant aux Beaux-Arts et peintre, se forgera peu à peu une vocation de songwriter : elle le conduira jusqu’à la sortie en 2004 de son premier album, Leave No Trace, réalisé par… Vincent Segal.
Quant à ce dernier, tout juste issu du conservatoire, il apprendra au contact de son nouvel ami le plaisir d’accompagner une voix d’exception, « c’est-à-dire de ne pas seulement jouer de l’archet mais de trouver des manières de l’entourer avec soin, de créer un écrin pour la parole ».

Par la suite, les deux hommes poursuivront leurs chemins respectifs – Piers avec sa carrière solo, Vincent avec Bumcello et mille autres rencontres tous azimuts. Ils partageront encore de nombreuses aventures musicales – organisées ou improvisées, en studio ou en live, en tête-à-tête ou avec d’autres complices.
Dans leurs mémoires, ils n’auront en tout cas jamais gommé l’intensité de ce moment fondateur.

« Nous avons vécu de belles choses, comme l’enregistrement de Leave No Trace, confirme Vincent Segal. Mais j’aime particulièrement retrouver Piers dans le même contexte qu’au tout début, quand nous jouions dans ma chambre ou dans la rue. Nous étions tenus d’inventer quelque chose, parce que nous n’étions que deux, et nous y avons trouvé notre compte.
Notre répertoire était encore limité mais singulier, puisque nous pouvions passer d’une reprise de Muddy Waters à un morceau de Fela Kuti, avant que j’enchaîne sur un mouvement de la Sonate pour violoncelle seul de Kodály ! Il y a dans Songs of Time Lost un écho direct de cela. Et c’est pourquoi ce premier album en duo sonne comme des retrouvailles, alors que le contact entre nous ne s’est jamais rompu. »


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