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Gagner l'argent français
par Mamani Keita

C'est au cours de la tournée mondiale de l'album Red Earth (a Malian journey) de Dee Dee Bridgewater que Mamani Keita conçoit les chansons de Gagner l'Argent Français, que va finaliser avec elle le guitariste Djeli Moussa Kouyaté. Les titres faisant ensuite l'objet d'un minutieux montage sonore où s'exerce l'imagination poétique de Nicolas Repac. Certains présentent une assise rock (Sinikan, Gagner l'Argent Français) avec tapis de guitares et rythmique binaire. D'autres nous font pénétrer dans la ronde hypnotique du dub (Massigui) ou la percutante paraphrase de l'afro beat (Konia).

Les instruments traditionnels mandingues, -ngoni, kora, monocorde-, viennent à la rencontre de samples et de programmations mondialisées, clarinette klezmer, luth chinois, cordes classiques. Au final ce pourrait être un de ces jardins exotiques où les magnolias font de l'ombre aux fougères, où le cactus emmerde le rhododendron, où la confusion règne. Ce n'est qu'harmonie, respect et aventure avec des perspectives qui se déplacent à mesure que les morceaux progressent, des ponts suspendus qui font passer d'un monde à l'autre sans à coups, de la savane à une merveilleuse brocante de sons, d'un chant de village à une vieille rengaine année 30.
C'est dans cet environnement étonnant, audacieux, libre de toute orthodoxie, mais pourtant très cohérent que Mamani Keita affirme fièrement, farouchement, une indépendance qu'elle a chèrement acquise. Qu'elle parle de sa vie, de ses déboires, de ses victoires, qu'elle distribue les sagesses comme l'aïeule et les romances comme la jeune fille allant cherchant l'eau du puits.

CD
2011

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