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Skyscrapers & deities
par Kouyaté-Neerman

Deuxième album enregistré dans un studio analogique de la banlieue parisienne, Skyscrapers & Deities est le fruit mûr à point d'une évolution. Lansine joue toujours comme s’il déclenchait une averse tropicale sur des feuilles de nénuphars, David a encore (plus) branché son vibraphone sur d’étranges pédales d’effets (distorsion, wahwah). Le duo s’appuie sur une nouvelle section rythmique, celle qui les a accompagnés sur scène : Antoine Simoni à la contrebasse et David Aknin à la batterie, deux musiciens ouverts aux rythmes du rock et du hip-hop. 
Le titre, Skyscrapers & Deities, est tiré du texte slammé sur le morceau Haiti par Anthony Joseph, special guest et seule voix de l’album. L’autre invité de l’album, c’est le légendaire joueur de kora Ballaké Sissoko, ami de longue date de Lansiné, du temps où tous deux jouaient dans l’Orchestre National du Mali.

Qui dit gratte-ciels (« skyscrapers ») dit modernité, altitude et point de vue panoramique. Qui dit divinités (« deities ») dit magie ancestrale, esprits, qu’ils soient de la forêt ou des nuages. L’album plane entre tout cela, entre l’horizon et le vertige, la technologie et le spiritisme. « Avec ce disque, on a atteint une autre dimension », explique David Neerman, « avec Lansiné, on se connaît plus et on se comprend mieux. Tout se fait dans la joie, c’est de plus en plus facile, on n’a pas peur de se laisser embarquer là où la musique veut bien nous emmener ». A la recherche des racines ? Non. Plus haut, plus loin. Skyscrapers & Deities est un disque de canopée, cet espace rare où le haut de la forêt rencontre l’atmosphère et la lumière du soleil. 
Les racines sont là, mais elles sont loin. Ce sont les branches, les ramifications, qui se rejoignent. Les cimes sonnent (comme disait Homer). Dans ce disque, on entendra bien sûr le terreau mandingue et jazz, mais aussi des influences de dub, d’éthio jazz, de Gainsbourg (dont le duo reprend Requiem pour un c...), de BO de films qui restent à tourner, voire une gamme de musique hongroise. Des influences comme des reflets scintillants, des échos subliminaux, des éclairs d’orage dans le ciel d’une musique mouvante, libre, contemporaine.

Dans le deuxième épisode de leurs aventures, David Neerman et Lansiné Kouyaté résolvent la quadrature du cercle : ils inventent la world-music du monde d’aujourd’hui, où la possibilité matérielle d’aller partout plus vite ne doit pas faire oublier qu’il faut voyager léger, et toujours y aller en profondeur, en explorateur, à la recherche du mystère, de l’hallucination, du frisson de fièvre.

CD
2011

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