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Veneris Dies
par Vendredi

Le hasard n'est qu'un point de départ chez Vendredi. Et ne suffit jamais, même s'ils lui accordent une place de choix dans leur musique. Ce sont les notes d'une accordéoniste rencontrée à Venise (Chiara) et engagée sur le champ pour une session improvisée alors qu'ils terminaient cet EP dans la cité des doges, le crépitement d'un départ d'incendie dans leur chambre d'étudiants alors qu'ils enregistrent Le vide et la lumière. La démarche, très concrète, rappelle celle de l'Anglais Matthew Herbert, fondateur d'une house music domestique inspirée des bruits du quotidien.

Vendredi fonctionne ainsi, à l'écoute, à l'instinct, puis au travail patiemment remis sur l'ouvrage pour parvenir à ce bel et fragile équilibre. Cet instant suspendu entre les contraires, le froid des machines et la chaleur du son, la fantasmagorie et la réalité. Comme sur les premiers disques de James Blake, héraut du dubstep londonien, fantôme à la voix blanche mais fou de R&B, que les deux ont écouté des nuits entières lorsqu'ils l'ont découvert. C'était après avoir usé ceux du saxophoniste Pharoah Sanders, de Flying Lotus ou King Crimson. L'âme toujours.

La terre, l'espace – plus industriel, plus froid, viennent des rythmiques. Elles sont encore douces sur Veneris Dies, mais contiennent une violence sourde, une puissance qui se révèle un peu plus à chaque écoute. Quand il les travaille, Charles puise dans ses racines techno, les musiques clubs qui l'ont fait grandir tout autant que les romantiques russes, Rachmaninov en tête. L'harmonie revient à Pierre-Elie. Logique : on ne sort pas indemne d'une enfance baroque, avec Bach et Haendel en compagnon de vie. Et lorsque les deux s'accordent à la perfection, cela donne le vertige comme dans le Le vide et la lumière. Trois minutes d'une rencontre qu'on croyait impossible. Mais le vendredi, tout est possible…

Vinyle 12"
2014

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